Contrairement à ce que l’on pouvait penser , l’élection présidentielle qui s’annonce en France en 2027, conduit vers une tout autre préoccupation . Qu’est devenue la fonction de président de la république dans un pays qui à toujours confondu cette fonction avec celle d’un roi qui pour le dernier vit sa tête tranchée en guise d’un définir au revoir . Et ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le siège de la présidence de la république française s’appelle le palais de l’Elysée .
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La France est une république , c’est un fait, elle serait même laïque puisqu’en 1905, le clergé fut définitivement écarté du pouvoir . Mais contrairement à ce que l’on pouvait penser et au regard du protocole qui entoure la fonction de chef de l’état , cette République fonctionne comme une monarchie. Du moins dans la fonction présidentielle depuis que la constitution de 1958 avait consacré la primauté de fonction d’un seul homme, son président . Au delà de toute considération politique il s’agit de bien appréhender le postulat ..
Naissance d’une nouvelle fonction.
Le premier président de cette république, la 5e fut celui qui fut à l’initiative de sa constitution, le général De Gaulle. Mi militaire, mi homme d’état , Charles de Gaulle ne s’attachait à aucun parti, puisque de toute évidence il ne se reconnaissait pas comme homme politique. D’ailleurs il exécrait quasiment cette fonction qu’il n’hésitait jamais à faire passer sous les fourche caudines de sa critique .
C’est ainsi qu’il eut cette fameuse phrase parmi tant d’autres et qui reste dans les mémoires: » Les hommes politiques mentent si bien qu’ils se persuadent eux mêmes de dire la vérité ». C’est dire l’estime qu’il avait pour des gens en qui il ne voyait aucun signe de loyauté . et d’ailleurs il pensai qu’il valait mieux élever des chiens que fréquenter les hommes politiques, au cas ou vous seriez en recherche de cette bienveillance .
Le général De Gaulle était un homme dont la rectitude, la correction, et le langage protocolaire d’homme d’état ,ne souffrait d’aucun défaut . D’ailleurs , il exécrait la médiocrité et la vulgarité , tout ce qui pouvait entacher la fonction de l’homme d’état qu’il était . Ainsi, il avait un langage, une distance,une attitude qui ne laissait place à d’aucun reproche qui pourrait affaiblir et sa fonction et son autorité .
Élévation d’une nation souveraine
Cette attitude de grandeur monarco/militaire fut même un temps critiquée par ses opposants et même le premier d’entre eux François Mitterrand l’assimilait à un dictateur , tel son homologue espagnol le général Franco. Il céda à l’obsession jusqu’à écrire son fameux livre le coup d’état permanent , histoire d’étayer son point de vu. Pour autant la politique exercée par le général De Gaulle disait tout le contraire puisqu’il allait même jusqu’à rétablir certaines libertés .
L’histoire avait voulu que de Gaulle avait tout simplement écrit dans le marbre , une nouvelle règle comportementale de chef d’état, du moins dans sa posture, une attitude conjuguant monarque et président d’une république . Même si les français qui avaient coupé la tête du dernier roi pendant la révolution, rechignaient à toute monarchie, rien ne les empêchaient de le percevoir comme un quasi monarque .
Ceci était d’autant plus remarquable que même lorsque le président Kennedy pourtant chef de l’état le plus puissant du monde , visitait la France, on voyait bien qu’il regardait le président de la république française comme un monarque sans couronne.
En effet , il y avait bien une différence protocolaire entre ce qui passait en France ou le moindre secrétaire d’état ce comporte comme un « seigneur » , alors que dans les pays scandinaves et même aux États Unis le président observe un protocole très symbolique sinon portée spécifiquement sur la sécurité . Ce qui donnait à la France cette espèce d’ambiguïté qui plaisait finalement aux autres chef d’états ..
Le chemin était donc tracé et tous les présidents, même François Mitterrand qui avait critiqué cette forme d’autorité monarchique , se tenait à la coutume , puisqu’il fut de ce point de vu un très grand président . Il convient d’ailleurs de signaler cette petite phrase qu’il aimait à citer : Le silence est un mystères, et le mystère un pouvoir » .C’est dire à quel point, il avait continuer à « monarchiser » la fonction ..
Cette exception protocolaire française durait jusqu’au mandat de Jacques Chirac qui il est vrai avait connu tous les arcanes du pouvoir et les codifications de la fonction. Ces deux mandats, fut exercés selon ces principes républicains assez singuliers et ce n’est qu’à l’arrivée de Nicolas Sarkosi que l’on constatait un relâchement qui consacrait un début de désacralisation de la fonction .
La bascule
Nicolas Sarkosi, sans doute plus jeune et n’ayant pas connu ces grands hommes distants avant lui, s’était mis dans l’idée de renverser la table. Histoire de modifier assez rapidement le comportement du président de la république en incluant même une certains familiarité qui ferait retourner certains de ses prédécesseurs dans leur tombe .
Cela se traduisait par un langage très familier , ou le tutoiement n’était jamais très loin sans même compter une désinvolture indigne de la fonction . Qui ne se souvient pas de son fameux » Casse toi pôle con » en réplique à la réflexion d’un visiteur du salon de l’agriculture, où il se trouvait en rang protocolaire .
Ainsi, les pierres d’un autre édifice avait été posées et le protocole du président de la république français se rapprochait un peu plus de ce qui se faisait ailleurs , sans pour autant se rapprocher de celui du président des Etat unis par exemple .
Peut on dire que cela avait diminuer son influence et le respect de la fonction, rien n’est moins sûr . Mais lorsque l’on voit le comportement de l’actuel locataire du palais de l’Elysée et celui de ceux qui s’apprêtent à le succéder , on peut se poser bien des questions et avoir l’esprit salé. Le doute étant le sel de l’esprit .
Markus Delgres .