Aujourd’hui, le code noir a enfin été abrogé cent cinquante huit ans après l’abolition de l’esclavage. On pouvait se poser la question, quant à son maintien plus d’un siècle après, alors que toutes les traces de la France de Vichy avaient disparu du paysage institutionnel . Peut on parler de deux poids, deux mesures, les choses ne sont pas si simples que ça et ceux qui pensent que c’est la dernière pierre de l’égalité qui vient d’être posée, seront pour leurs frais.
En 1945 , la Martinique, la Guadeloupe, la Réunion, la Guyane, les principales colonies où l’esclavage était pratiqué , sont devenues des départements français au même titre que le Cantal ou le Morbihan. La deuxième guerre mondiale venait de se terminer et c’est sous les applaudissements de l’assemblée et les espoirs des hommes politiques de ces contrées lointaines que la décision fut entérinée par vote .
Dans la même illusion du passage de l’esclavage à l’abolition, ce nouveau statut arrivait sans que les habitats se rendent bien compte . Pas de plan Marshall, pas de mesures capables de dire que la misère qui dévorait ces endroits serait en partie terrassé. Cet ersatz de départementalisation n’avait pas changé grand chose, dans l’esprit du colonisateur, même si le ministère des colonies fut aussitôt rebaptisé ministère des départements et territoires d’outre mer , avec toutes les spécificités que cela comporte .
Non pas des spécificités favorables comme pour la Corse, mais des particularités très marquées comme c’est le cas du maintien de l’ordre par exemple . Comme partout dans le pays, il arrive que la population excédée se soulève parfois pour réclamer leurs droits ou améliorer leur traitement comme partout ailleurs dans les autres départements français. Alors que sur le territoire français dit hexagone, les choses se passent avec règles et droit, dans les colonies, ce n’est pas du tout la même partition . La musique s’avère tout à fait différente .
Si l’on observe les quelques mouvements populaires qui ont eu dans ces départements dit d’outre mer, on peut constater que les moyens mis en oeuvre pour les contrôler ,ou le cas échéants les faire cesser, sont d’une brutalité absolus . Déjà, ils sont de la compétence unique de la gendarmerie qui est une force militaire, ce qui ne fait aucun doute sur la brusquerie de la répression au cas ou les choses prendraient des tournures inattendues. Une spécificité qui d’ailleurs prend tout son sens, dans le cadre de l’usage des armes par la police et dans la gendarmerie .
En cas, de débordements , la gendarmerie avec un effectif spécifique ( 99,99 % des blancs) , peut plus facilement passer du maintien de l’ordre , à son rétablissement ,ce qui parait tout à fait opposé . Et c’est pour cela que son statut différent s’avère préférable et notamment pour ce qui concerne l’ouverture du feu avec des armes létales.
Certes , il y a bien longtemps que cela ne c’est pas produit , mais les morts que la population avait eu à déplorer en 1967 en Guadeloupe et en Martinique restent dans les mémoires comme une espèce de crainte à l’endroit de cette force par rapport à la police.
Si l’on prend un temps soit peu le temps d’inspecter le matériel de la gendarmerie outre mer, on va vite s’apercevoir que cet équipement est tout à fait différent . En France CRS ou Gendarmes mobiles interviennent en troupes à pieds face aux manifestant, en outre mer, ce sont des engins de type militaire qui sont employés et qui donnent plus de sens au déplacement des gendarmes dits mobiles.
Alors que pour la première fois des engins militaires de la gendarmerie furent utilisés contre la manifestation des gilets jaunes, en outre mer , ils ont toujours fait partie du dispositif sans cela n’émeuve personne, même pas la population qui a tout à fait l’habitude . l’habitude d’être maintenu dans la criante par la brutalité du dispositif ..
A l’époque des gilets jaunes, tous les aficionados des droit de l’homme du pays étaient vent debout contre l’utilisation de ces engins qui selon faisait franchir un premier pas du pays vers la dictature . Sans même se dire, que ces véhicules de type militaires connu sous le titre de VBGR, et devenus Centaures depuis , sont employés dans les colonies depuis toujours .
Tout cela fait parti de cet arsenal qui maintien plus ces contrées dans un statut de colonies,, puisqu’il ne les prolonge vers une égalité de traitement telle qu’on la trouve dans les départements français . Cela est d’autant plus vrai, que Gabriel Attal candidat aux présidentielles, propose une coupure des réseaux sociaux, lors des émeutes qui peuvent avoir lieux dans le pays. Bien entendu avant même de faire état de ce projet, l’hostilité des défenseurs es liberté, lui ont fait avaler le projet
Pour autant , ses détracteurs et lui soient ne savaient pas ou faisant semblant d’avoir oublié que la France avait déjà utilisé cette méthode très peu démocratique en Nouvelle Calédonie lors des derniers soulèvements ..Tout cela démontre que même avec une abrogation du code, noir, les relents de cet odieux catalogue de lois extrêmement répressives sont bien présents dans les esprits de l’état colonial français .
Markus Delgres ..